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Earl : Une histoire de Karma
Il est difficile de comprendre pourquoi «Earl» ne suscite pas plus d’intérêt auprès des chaînes françaises, qui en diffusent les épisodes à une heure tardive. La Fox qui avait refusé, en 2002, de parier sur le concept, s’en mord encore les doigts.
L’heure de diffusion (aux alentours de minuit) de la seconde saison inédite de Earl,sur M6,contraste furieusement avec l’engouement outre-Atlantique pour ce héros atypique. Pourtant, le succès n’était pas assuré.Au départ, Greg Garcia, son créateur, a dû batailler très longtemps avant de pouvoir réaliser son projet. Il s’est fait promener, dix-huit mois durant, de production en production, avant de trouver une chaîne consciente du potentiel comique du loser sympathique qu’il avait imaginé.
C’est finalement NBC qui décroche le gros lot et produit la série. Après quatre tentatives d’approches infructueuses du comédien Jason Lee, l’opiniâtreté de la chaîne finit par payer : les producteurs de NBC réussissent à convaincre l’acteur d’être Earl. Le 20 septembre 2005, 15,2 millions d’Américains regarderont le premier épisode de la sitcom… Earl Hickey (Jason Lee) est un escroc à la petite semaine, menteur et roublard, qui regrette de plus en plus ses mauvaises actions passées.
Le jour où il gagne à la loterie, le destin lui joue un vilain tour :en route pour chercher ses gains, il perd le ticket gagnant. Depuis, il découvre son karma, et dans l’espoir d’une vie meilleure, décide de réparer toutes ses erreurs.Il est rejoint dans sa quête de rédemption par son frère Randy (Ethan Suplee) et ses amis Darnell (Eddie Steeples) et Joy (Jaime Pressly). Un carton ! Rassuré par le succès immédiat, et des audiences que la chaîne n’avait plus connues depuis les grandes années Friends, NBC commande immédiatement une saison complète de 24 épisodes.
L’originalité de la série va séduire le public. Cela fait trois saisons maintenant qu’Earl tente de se racheter une conduite.Les guest stars se bousculent pour fréquenter l’infréquentable. De Beau Bridges (saison 1), en passant par Burt Reynolds (saison 2), à Alyssa Milano et Paris Hilton (saison 3), l’engouement est toujours intact peu de temps avant le retour de Earl, sur les écrans US en septembre pour une quatrième saison. En attendant, découvrir ou redécouvrir la seconde saison d’Earl, déjà diffusée sur Paris Première, est une véritable aubaine.
Même si les thèmes abordés et les ressorts dramatiques utilisés ne changent pratiquement pas de la première à la seconde saison, l’évolution des personnages et des situations d’une saison à l’autre est flagrante. Chaque épisode est d’une redoutable efficacité jusqu’à un dénouement qui annonce une nouvelle orientation de la sitcom pour la saison 3. Peut-être que d’ici là, Earl aura rencontré le succès dans l’hexagone et sera programmé à une heure plus “décente”pour que le maximum de monde profite de l’humour irrévérencieux et politiquement incorrect, d’un antihéros plus que sympathique.
Cédric Melon
Télécâble Sat Hebdo